Lieux immobiles
figés dans le silence,
englués,
quasi intimes.

C'est un sentiment que je croyais connaître, oui, mais ses frontières pour moi étaient floues avec la haine, jusqu'à ce qu'il s'affine et que je sois sûre de la différence...
J'explique.
J'ai eu un supérieur, un chef, très gentil oui, dans le sens où il ne fliquait pas ses subordonnés, était à l'écoute de nos paroles, essayait d'arranger nos soucis, s'intéressait à nos méthodes de production.
Par contre, il évitait tout conflit, au point qu'il faisait lui-même le travail plutôt que d'avoir à chercher ses gars au fin fond de l'atelier, était toujours d'accord sur tout et avec tout le monde, qu'on lui dise blanc ou noir.
Comme dans le film de Godard (
vu il y a très longtemps), le mépris s'est installé petit à petit, non pas à cause d'un éclat ou d'une confrontation, mais à force de trop de laxisme déguisé en tolérance...
Je n'ai espéré qu'une chose ensuite, c'est qu'il se barre, qu'on en change, qu'on retrouve un chef digne de ce nom, même si mes libertés risquaient d'en être réduites....
Blah blah